• jeudi 16 juin • 21H30
    ARÈNES DE DOUÉ-LA-FONTAINE
  • vendredi 17 juin • 21H30
    ARÈNES DE DOUÉ-LA-FONTAINE
  • samedi 18 juin • 21H30
    ARÈNES DE DOUÉ-LA-FONTAINE

Irma la Douce

Une comédie musicale d'Alexandre Breffort

Mise en scène par Nicolas Briançon, assisté de Pierre-Alain Leleu

Avec Lorànt Deutsch, Marie-Julie Baup, Nicole Croisille, Andy Cocq, Olivier Claverie, Fabrice de Villehervé, Jacques Fontanel, Valentin Fruitier, Laurent Paolini, Claire Perot, Bryan Polach, Pierre Reggiani, Loris Verecchia, Philippe Vieux

Musique Marguerite Monot

Arrangements musicaux Gérard Daguerre

Musiciens Jean-Luc Pagni, Marc Benhammou, Henri Dorina, Aurélien Noël, Frédéric Mathet, Christian Orante, Didier Sutton, Vincent Crenzi, Sandy Lhaik

Décors Jacques Gabel, assisté de Morgane Baux et d’Ariane Bromberger

Costumes Michel Dussarat assisté d’Aimée Blanc

Chorégraphies Karine Orts

Chef de chant Vincent Heden

La pièce

Nestor, un titi parisien dans toute sa splendeur, tombe fou amoureux d’une prostituée, Irma. Rongé par la jalousie de savoir sa douce en galante compagnie chaque nuit, Nestor va utiliser tous les stratagèmes pour qu’Irma ne soit plus qu’à lui et rien qu’à lui, peu lui importe le prix à payer…

Note de mise en scène

« C’est l’histoire d’un ménage à deux. On ne voit pas ça tous les jours. » Irma la douce Ce « Roméo et Juliette » à la fin heureuse, ce chant d’amour bouleversant et joyeux, cette romance à deux sous dans le Paris des filles de joie et des mauvais garçons, nous plonge avec délice dans la nostalgie savoureuse d’un monde qui n’est plus. Le monde des truands et des macs « pour rire », le monde de l’argot parisien et de la gouaille sympathique, un monde qui n’a sans doute jamais réellement existé, mais que l’on regrette cependant, comme l’on regrette sans cesse les contours d’un passé que l’on semblait comprendre et que l’on pouvait expliquer. On pense à Audiard, bien sûr… A toute cette mythologie du caïd et de la fille au grand coeur. Mais il y a bien plus que cela dans Irma. Par le charme du merveilleux livret d’Alexandre Breffort et la musique inspirée de Marguerite Monnot, apparait en filigrane un hymne vivifiant à l’amour et à la liberté. Liberté nous dit Irma qui choisit ses hommes et son destin, liberté nous souffle Nestor qui refuse d’agir selon les conventions de son monde, liberté nous soufflent ces bagnards qui s’évadent dans une jungle improbable, liberté nous raconte ce texte qui se soucie peu de répondre aux conventions du théâtre, ou plutôt qui les lui emprunte toutes : une savante alchimie de théâtre qui conjugue les procédés shakespeariens du théâtre dans le théâtre, de la mise en abyme (pour employer une expression qui ferait sans doute beaucoup rire Breffort et Monnot), la rapidité d’une narration quasi cinématographique (flash-back, etc.) et l’innocence de procédés classiques, (raccourcis, retournement de situation) qui font notre plaisir et notre bonheur de spectateurs. Cette histoire a la force des grands mythes, et c’est pour cela qu’Irma est le seul cas de « musical » français, qui trente ans avant Les Misérables, a traversé d’abord la Manche puisl’Atlantique pour triompher à Londres et à Broadway. Pouvons-nous aimer lorsque nous ne sommes pas nous-mêmes ? Pouvons-nous construire sur un mensonge ? Y a-t-il une rédemption ? Il y a tout cela dans Irma. Et par-dessus tout le charme. Le charme et le bonheur d’un chef-d’oeuvre de clarté et de lumière. Celle qui perce dans le Cabaret des inquiets, où l’histoire se raconte en chansons. Monter cette oeuvre est une joie intense et enthousiasmante. Nicolas Briançon