• jeudi 23 juin • 19H00
    GRAND THÉÂTRE D’ANGERS

Les pieds tanqués

Philippe Chuyen

 

La compagnie Artscénicum Théâtre

Mise en scène Philippe Chuyen

Avec Sofiane Belmouden, Philippe Chuyen, Gérard Dubouche, Thierry Paul

Costumes Corinne Ruiz

Décors Christophe Brot

La pièce

Quatre joueurs sont en scène dans cette partie de pétanque de tous les dangers : un rapatrié d’Algérie, un français de l’immigration algérienne, un provençal « de souche » et un parisien fraîchement arrivé en Provence. Au fil du jeu, on apprendra peu à peu qu’ils ont tous une blessure secrète, un lien filial et intime avec la guerre d’Algérie. Ils s’opposeront, se ligueront, livreront leur vérité… Ils auront cependant à coeur de finir cette partie, sur ce terrain qui les rassemble et les unit.

Une pièce où les mémoires s’entrechoquent, dans laquelle la gravité des propos n’exclut pas l’humour. Une comédie dramatique sur l’identité et le vivre ensemble.

 

Note d’intention

Voici plus d’un an que je pense à la guerre d’Algérie et à l’horizon du 50ème anniversaire de l’indépendance de ce pays. (…) Passionné d’Histoire, je pense depuis longtemps que le théâtre peut, se faire le médiateur efficace d’un travail de mémoire. Et ceci, non pas pour le seul plaisir d’invoquer l’Histoire mais afin de servir le présent. (…) Plus je m’intéressais à ces évènements, plus je comprenais qu’ils constituaient un moment crucial du basculement de la France dans l’époque moderne : la fin de l’Empire, de la décolonisation, de la  grandeur vécue, la fin des chimères et tant de répercussions sur notre quotidien du 21ème siècle. Cependant, la mémoire collective française a manifestement tiré un trait sur cette guerre et l’amnésie (consciente ou inconsciente) quasi-collective qui a suivi la décolonisation, les rancoeurs et les haines qui en sont issues sont, je pense, malheureusement toujours à l’oeuvre dans la société française. (…) Jeter un regard artistique pouvant permettre une libération de la parole, agir par le théâtre et faire ce nécessaire travail de re-visitation lucide du passé à la lumière de notre conscience d’aujourd’hui est, il me semble, un impératif de salut public. (…) Pétanque et Guerre d’Algérie ? (…) Dans ce spectacle, je souhaite signifier par l’image du pied « tanqué » celle du pied enraciné ; le jeu lui-même signifiera les rapports humains qui sont l’oeuvre dans une population de déraciné ou d’enraciné; et le terrain lui, le territoire ou le pays dans lequel les protagonistes se retrouvent et s’enracinent. Un jeu donc pour évoquer les problématiques d’appartenance à un territoire, de déracinement et par opposition d’enracinement, d’identité. Une partie de boules avec ses bons mots, ses galéjades, mais aussi ses coups bas, pour évoquer les blessures de l’exil, de la culpabilité, des haines et des rancoeurs, mais aussi des pardons. Philippe Chuyen

Ce qu’en dit la presse

« Pétanque et pureté de la parole : avec « Les Pieds Tanqués », l’auteur-comédien-metteur en scène Philippe Chuyen signe une pièce qui est assurément appelée à devenir un futur classique… » danslatêteduspectateur.com

« Un propos indispensable qui donne à réfléchir, servi par des acteurs talentueux et confondants de vérité. Un texte intelligent et cousu main pour nos joueurs. Il y avait la partie de carte de Pagnol, il y aura à présent la partie de boules des Pieds Tanqués. » La Provence

« Si certains y découvrent, avec des dialogues truculents, la mémoire de cette période, ceux qui l’ont connue la retrouve avec beaucoup d’émotions. » Vaucluse Matin